Résumé : Obésitéobesite

  • L‘obésité, première forme de malnutrition, touche deux personnes sur trois.
  • L’obésité infantile a presque triplé depuis 1980, avec un enfant sur cinq en surpoids à six ans.
  • Contrairement à la croyance populaire, l’obésité ne résulte pas simplement d’une surconsommation de calories et d’un manque d’exercice.
  • Les facteurs environnementaux et de style de vie peuvent jouer un rôle plus important dans l’obésité.
  • Les perturbateurs endocriniens, présents dans les produits chimiques ménagers, sont liés à l’obésité.
  • Les édulcorants artificiels peuvent stimuler l’appétit, augmenter les envies de glucides et favoriser le gain de poids.
  • Le marketing agressif de la malbouffe, notamment envers les enfants, contribue à l’obésité.
  • Les maladies liées à l’obésité augmenteront les coûts de soins de santé nationaux.
  • La qualité des aliments, plutôt que la quantité de calories, est cruciale pour maintenir un poids sain.
  • L’état d’esprit peut influencer la sensation de satiété, impactant le métabolisme et la combustion des calories.

Obésité : L’Esprit Influence-t-il la Prise de Poids ?

La ghréline, baptisée “hormone de la faim”, a gagné cette appellation suite à des études où les individus à qui cette hormone était administrée manifestaient une sensation de faim si intense qu’ils consommaient notablement plus de nourriture qu’à l’accoutumée.
Il semble que la ghréline puisse influencer le “centre du plaisir” du cerveau, incitant à prendre une autre portion de gâteau simplement pour revivre le goût délicieux de la première portion et le bien-être qu’elle a procuré (du moins temporairement). En somme, la ghréline est indubitablement une force motivant la consommation excessive, que ce soit en se resservant ou en optant pour un second dessert malgré la satiété.
Ce qui régule le niveau de cette hormone dans l’organisme est une question complexe. Une découverte fascinante réside dans le pouvoir de l’esprit à influencer l’estomac, entraînant une forte diminution de la ghréline même en l’absence d’un repas copieux.
L’expérience du “combat mental contre le milkshake” en est un exemple. Les participants ont reçu un milkshake de 380 calories, mais étiqueté de deux façons différentes : l’une mentionnant une boisson “généreuse” de 620 calories, l’autre une boisson “raisonnable” de 140 calories. Les changements physiques et les niveaux de satiété correspondaient à l’étiquette plutôt qu’à la véritable valeur nutritionnelle.
Ceux qui pensaient consommer un milkshake généreux ont manifesté une réduction significative de la ghréline après la consommation, tandis que ceux pensant boire une version raisonnable ont présenté une réponse à la ghréline “plate”. Les buveurs de milkshakes généreux ont également ressenti une plus grande satiété, indiquant que “la satiété des participants correspondait à leur perception plutôt qu’à la réalité nutritionnelle de leur consommation.”
Il semble donc que l’état d’esprit puisse avoir un impact plus marqué sur la ghréline que les nutriments réellement consommés, avec d’importantes implications. Croire simplement que le repas est rassasiant peut abaisser le niveau de l’hormone de la faim, incitant le métabolisme à commencer à brûler les calories consommées. Les chercheurs soulignent que “l’effet de la consommation alimentaire sur la ghréline pourrait être d’origine psychologique, l’état d’esprit influençant significativement les réponses physiologiques à la nourriture.”

Les raisons pour lesquelles les aliments allégés ne favorisent pas la perte de poids

L’étude met en lumière une autre explication du pourquoi les aliments allégés ont souvent peu d’effet sur la perte de poids. Lorsque les participants ont consommé le milkshake étiqueté comme raisonnable (prétendument sans matière grasse, sans sucre ajouté, et faible en calories), leurs niveaux de ghréline sont restés relativement stables. Cela suggère que leurs corps ne recevaient pas le signal de satiété, ne les incitant pas à cesser de manger, et leur métabolisme n’était pas adéquatement stimulé.
Cette constatation suggère que, pour réellement aider les individus à perdre du poids, une étiquetage plus transparent indiquant le caractère gras et calorique des aliments pourrait être plus efficace que la promotion de produits allégés, dont la crédibilité est souvent mise en doute.
D’autres études soulignent également que le cerveau ne peut être trompé par des aliments au goût sucré mais sans apport calorique, tels que ceux contenant des édulcorants artificiels. Des expériences ont révélé que le goût sucré, indépendamment de la valeur calorique, stimule l’appétit et déclenche une libération d’insuline.
L’aspartame est cité comme ayant les effets les plus prononcés, mais cette observation s’étend également à d’autres édulcorants artificiels tels que l’acésulfame de potassium, le sucralose (Splenda), et la saccharine.
En résumé, la consommation d’aliments sucrés déclenche la libération de dopamine dans le cerveau, procurant une sensation de plaisir. Le circuit de récompense du cerveau est activé, et la leptine, hormone régulatrice de l’appétit, est libérée pour signaler la satiété une fois qu’une certaine quantité de calories a été ingérée. En revanche, la consommation d’aliments sucrés mais non caloriques (comme les édulcorants artificiels) active également le circuit du plaisir, mais l’absence de calories peut entraîner une suralimentation, contribuant ultimement à une prise de poids.

Quels autres éléments peuvent impacter les hormones régulant la faim ?

Il devient de plus en plus évident que divers facteurs influent sur les choix alimentaires et régulent le début ou la fin de l’acte de manger. Les pensées à propos d’un aliment ne sont qu’un élément parmi d’autres.
Par exemple, le manque chronique de sommeil peut augmenter les niveaux de ghréline, induisant une sensation de faim même en l’absence de réel besoin alimentaire. Cela expliquerait en partie pourquoi le manque de sommeil est associé à une prise de poids.
L’insuline joue également un rôle dans la régulation de la ghréline. Une étude a contrôlé les niveaux de ghréline chez des adultes non diabétiques après une perfusion d’insuline sur deux heures. Peu après le début de la perfusion, les niveaux de ghréline ont commencé à diminuer. L’arrêt de la perfusion d’insuline a entraîné une remontée rapide des taux de l’hormone de la faim, qui sont rapidement revenus à la normale.
Étant donné que l’insuline est déjà connue pour augmenter les niveaux de leptine, l’hormone associée à la régulation de l’appétit, ces résultats suggèrent que l’insuline joue un rôle essentiel dans la régulation des habitudes alimentaires.
En d’autres termes, lors de la consommation d’un dessert sucré, la production d’insuline augmente pour permettre au sucre dans le sang d’être transporté vers les cellules et utilisé comme source d’énergie. Cette augmentation de sucre déclenche également la production de leptine, régulant ainsi l’appétit et le stockage des graisses, tout en ralentissant la production de ghréline, contribuant à réguler l’apport alimentaire.
L’idée sous-jacente est que le corps comprend, lors de la prise alimentaire, qu’il doit réduire la sensation de faim. Toutefois, en cas d’insuline déficiente, comme dans le cas de la résistance à l’insuline, les niveaux de ghréline restent élevés même après les repas. Cela conduit à une faim chronique, principalement pour les glucides, à une suralimentation et à une prise de poids involontaire.

La présence de fructose pourrait également perturber les niveaux de l’hormone de la faim, la ghréline.

Le fructose, une forme économique de sucre omniprésente dans de nombreux aliments et boissons, peut avoir des effets néfastes sur le métabolisme humain, probablement alimentant la crise d’obésité. Cette détérioration est attribuée à la métabolisation très différente du fructose par le corps par rapport au glucose, et sa consommation à des niveaux massifs accentue ses effets négatifs.
Il est erroné de considérer que “le sucre, c’est du sucre”. Il devient de plus en plus évident que la consommation de fructose, en particulier sous forme de sirop de glucose-fructose, peut significativement augmenter la propension à la suralimentation. En effet, le glucose réduit la production de ghréline, l’hormone de la faim, tout en stimulant la leptine, qui inhibe l’appétit. En revanche, le fructose n’affecte pas la ghréline et perturbe la communication entre le cerveau et la leptine, incitant à la surconsommation alimentaire.
Ainsi, le fructose peut contribuer à un gain de poids, à l’accumulation de graisse abdominale, à la résistance à l’insuline et au syndrome métabolique, avec des liens apparents avec diverses maladies chroniques. C’est un exemple supplémentaire de la complexité de la relation entre les hormones de la faim et la régulation de l’apport alimentaire.
Cependant, la notion selon laquelle l’esprit et les croyances influent également sur la ghréline est fascinante et mérite une attention particulière. Comme rapporté sur la NPR (National Public Radio – Radio Publique Nationale américaine) :
“Nos croyances sont importantes dans pratiquement tous les domaines, dans tout ce que nous faisons”, explique le Dr. Crum. “Dans quelle mesure, cela reste un mystère, mais je pense que nous n’accordons pas assez d’attention à la façon dont nos croyances déterminent notre physiologie, notre réalité. Nous possédons cette science du métabolisme très simple : calories consommées, calories dépensées. Les gens ne veulent pas croire que nos croyances ont aussi une influence, dit-elle. Mais c’est le cas!”

Pour atteindre une perte de poids durable, l’approche intégrant le bien-être mental et physique se révèle la plus efficace.

Dans le cadre d’une étude portant sur des méthodes éprouvées pour la perte de poids durable, plusieurs approches axées sur les aspects émotionnels se sont avérées efficaces. Ces méthodes comprenaient des recommandations telles que :

  1. Éviter de manger en réaction à des émotions négatives ou au stress.
  2. Assumer la responsabilité de ses décisions alimentaires.
  3. Cultiver le sens de l’autonomie, de la motivation intérieure et de l’auto-efficacité pour maintenir la perte de poids.
  4. Établir un réseau social de soutien.

Les facteurs émotionnels sont souvent des contributeurs significatifs à la prise de poids, justifiant la nécessité de réguler régulièrement ses émotions. Des pratiques telles que la méditation, la prière, le yoga, et des techniques de psychologie énergétique comme la Technique de Libération Émotionnelle (EFT) peuvent aider à soulager le stress et à éliminer les blocages émotionnels cachés, entravant les objectifs de perte de poids ou de maintien d’une alimentation saine.

Un autre aspect crucial est que de nombreuses personnes évitent les aliments qui procurent une sensation de satiété, essentielle pour répondre aux besoins de votre esprit. Des aliments tels que le beurre non allégé, l’huile de noix de coco, les noix, les avocats, et d’autres sources de bonnes graisses sont souvent négligés. Bien que les préférences individuelles puissent varier, la plupart des gens bénéficient d’une alimentation riche en bonnes graisses, représentant jusqu’à 50 à 70% des calories, avec une quantité modérée de protéines de qualité et une abondance de légumes.

Ce type d’alimentation optimise les taux hormonaux, y compris la ghréline, la leptine et l’insuline, offrant une satisfaction à la fois mentale et physique. Cela permet d’éviter le sentiment de privation, qui peut perturber les niveaux d’hormones de la faim et le métabolisme.

La recherche confirme que les calories provenant de pains, de sucres raffinés et d’aliments transformés encouragent la suralimentation, tandis que les calories provenant de légumes, de protéines de qualité et de fibres non transformées réduisent la faim. Ainsi, toutes les calories ne se valent pas, soulignant l’importance de choisir les bons aliments plutôt que de simplement compter les calories pour atteindre et maintenir un poids santé.

 

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