La goutte : une expérience horrible pour les victimes!

La goutte est une maladie inflammatoire extrêmement douloureuse de l’articulation. Elle est due à un taux d’acide urique dans le sang trop élevé (hyperuricémie), qui forme des cristaux dans l’articulation et les tissus mous à partir d’une certaine concentration (60mg/l (360 µmol/l), à l’origine d’une réaction inflammatoire dans l’articulation et dans les tissus entourant l’articulation : c’est la crise de goutte. La goutte est fréquente chez les hommes de plus de 30 ans, et chez les femmes après la ménopause (souvent déclenchée par un traitement diurétique pour une tension artérielle élevée).

La fréquence de la goutte a pratiquement doublé ces dernièrs années pour des raisons multiples : augmentation de l’espérance de vie, augmentation de l’obéité et de ses complications (maladies cardiovasculaires), augmentation des maladies rénales chroniques, alimentation non équilibrée, utilisation de nombreux médicaments.

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Les origines de la maladie

Le taux sanguin de l’acide urique résulte de la différence entre sa production et son élimination. La production de l’acide urique provient, majoritairement, du fonctionnement des cellules de l’organisme et, en quantité moins importante, de l’alimentation. L’élimination de l’acide urique est assurée principalement par les reins.

L’excès d’acide urique est dû le plus souvent à un défaut de son élimination par les reins dans le cadre d’une maladie familiale et héréditaire (la goutte), parfois à une maladie des reins (à l’origine d’une insuffisance rénale). (1) Certains médicaments diminuent aussi l’élimination de l’acide urique par les reins (notamment les diurétiques,n l’aspirine à petite dose).
L’excès d’acide urique peut être favorisé par l’alimentation. Les trois principaux aliments qui augmentent sa production sont :
− La bière (même sans alcool),
− les alcools forts, et
− les sodas sucrés riches en fructose.

Les facteurs déclenchants

Une crise de goutte peut être déclenchée dans différentes situations (1,2) :

− Traumatismes physiques (chaussures trop serrées, marche prolongée, choc),
− Situations dites “de stress” (stress, surmenage, intervention chirurgicale),
− Infections (grippe, pneumonie, bronchite aiguë),
− Infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral,
− Arrêt brutal ou mise en route de certains médicaments (aspirine, diurétiques), dont ceux qui servent à réduire l’uricémie (allopurinol, febuxostat, probénécide, benzbromarone),
− Apport trop faible en boissons (eau essentiellement).

L’origine de l’hyperuricémie 

L’hyperuricémie (taux sanguin d’acide urique supérieur à 60 mg/l ou 360 µmol/l) peut être secondaire à un défaut d’élimination rénale et/ou une production accrue de l’acide urique.

− Défaut d’élimination rénale de l’acide urique
• Anomalie du transport de l’acide urique dans le rein – due à une anomalie des “pompes à acide urique” situés dans les tubules rénaux (un des constituants du rein). Ces anomalies sont souvent héréditaires, d’origine génétique.
• Défaillance des reins avec une filtration rénale insuffisante (insuffisance rénale chronique).
• Prise de certains médicaments : diurétiques, aspirine, ciclosporine (médicament utilisé dans les greffes d’organes).
− Production accrue d’acide urique :
• Origine alimentaire ;
➢ Aliments dont la dégradation entraîne une production importante d’acide urique : bière (même SANS alcool), alcools forts et boissons sucrées (sodas, colas, jus de fruits riches en fructose) ;
➢ Quantité trop importante d’aliments trop riches en protéines d’origine animale (abats, viandes, poissons, fruits de mer) ;
• Origine cellulaire :
• Anomalies génétiques du fonctionnement de certaines enzymes ;
• Situations particulières (jeûne, effort musculaire) ;
• Chimiothérapie.
Certaines maladies peuvent accompagner l’hyperuricémie (hypertension artérielle, obésité, diabète, augmentation du cholestérol et surtout des triglycérides…).

Les différentes formes de la maladie

La goutte apparaît souvent comme une maladie familiale et héréditaire, limitant l’élimination de l’acide uriquepar le rein. (1)
L’excès d’acide urique à l’origine de la goutte peut avoir plusieurs causes, parmi lesquelles on peut citer :
− une alimentation trop riche en protéines animales,
− une consommation trop importante en bière (même sans alcool), d’alcool fort, ou de sodas sucrés,
− certains médicaments.

Mécanisme de la crise de goutte

Lorsque la quantité d’acide urique est trop élevée dans le sang, supérieur à 60 mg/l ou 360 µmol/l, il peut former des microcristaux d’urate dans et/ou autour des articulations. (1) Ces microcristaux peuvent provoquer une réaction inflammatoire qui dure quelques jours.

La formation des microcristaux d’urate est favorisée par une température plus basse, les articulations du pied sont donc touchées de préférence, et en particulier la 1e articulation (métatarsophalangienne) du gros orteil. (1,2,5)

Une crise de goutte peut être déclenchée par différentes situations comme un choc, un stress ou encore l’arrêt brutal de certains médicaments. (1,5)

La crise de goutte est provoquée par des cellules de l’organisme qui interviennent dans la défense contre les microbes. Les cristaux d’urate sont considérés comme des agresseurs étrangers à l’organisme qui tente de les éliminer. (1,5)

Au bout d’une dizaine de jours ou plus, pour différentes raisons, et en particulier l’arrêt de la libération de substances anti-inflammatoires, le cercle vicieux de la crise de goutte s’interrompt de lui-même en 5 à 10 jours malgré la persistance des cristaux dans l’articulation. (1,6)

Destructions articulaires et formation des tophus

Doigt présentant des tophus

Sans traitement adapté de l’hyperuricémie, les crises de goutte se répètent. Les délais sont variables, parfois plusieurs années après la première crise, et sans symptôme entre les crises. A la longue, les cristaux s’accumulent et des amas indolores appelés tophus se forment dans les os, les articulations, les tendons ou encore sous la peau. Il faut en moyenne 11 ans pour passer au stade de goutte chronique.

Les tophus qui se trouvent dans les articulations peuvent entraîner de nouvelles crises de goutte. En l’absence de traitement, la répétition des crises entraîne une dégradation des articulations touchées, entraînant une déformation de l’articulation et une limitation de sa mobilité et des douleurs chroniques.

Chez certaines personnes, l’excès d’acide urique s’accompagne aussi de dépôts de cristaux dans les reins, à l’origine de calculs rénaux et de leur conséquence, des crises de coliques néphrétiques, voire à terme de complications rénales telles qu’une insuffisance rénale.

Quelles sont les manifestations de la maladie ?

La crise de goutte apparaît de façon très brutale et est très douloureuse. L’articulation touchée est gonflée et rouge. A l

Manifestation de la crise de goutte

a longue et sans traitement adapté, la persistance d’un taux d’acide urique trop élevé dans le sang entraîne la formation d’amas indolores, appelés tophus, au niveau des articulations et sous la peau.

La première crise de goutte n’atteint le plus souvent qu’une seule articulation du membre inférieur (1).
Il arrive que plusieurs articulations soient touchées en même temps, on parle alors de polyarthrite goutteuse. D’autres articulations peuvent être concernées les mains, les poignets, les coudes, exceptionnellement la colonne vertébrale (1).

Les manifestations sont caractérisées par de très fortes douleurs articulaires. L’articulation apparaît tuméfiée, gonflée, rouge violine (2). La violence de la douleur est ressentie comme une fracture des os ou une morsure. La marche est difficile. La douleur empêche le sommeil. La crise au gros orteil est appelée podagre, ce qui signifie avoir le pied pris dans un piège à loup.

Tophus du pavillon

Avec la résolution de la crise, sur quelques jours, la peau de l’orteil desquame et peut se détacher comme une pelure d’oignon. (2) Ces signes peuvent être associés à une fièvre modérée à élevée (jusqu’à 39°C), parfois accompagnée de frissons ce qui fait craindre une infection sévère. (2) A la fin de la crise, on constate un retour à la normale de l’aspect de l’articulation. (3)

Tophus au niveau d'un ligament du poignet (contour en pointillés)Les tophus se forment non seulement dans les articulations, dans et autour des os, mais également sous la peau, dans des endroits sans rapport avec l’articulation touchée par les crises, notamment au niveau de la partie cartilagineuse du pavillon de l’oreille, du coude (bursite), du gros orteil, du talon… (2,3)

Ces dépôts qu’ils soient visibles ou non, s’observent environ 10 à 20 ans après la première crise. Les problèmes rénaux, et en particulier les calculs, sont également fréquents chez les personnes souffrant de goutte non traitée. (1)

Comment diagnostiquer la maladie ?

Les signes de la maladie sont généralement caractéristiques.

Lorsque ce n’est pas le cas, des examens complémentaires peuvent être nécessaires.

La crise de goutte typique est souvent facile à reconnaître. Lorsque ce n’est pas le cas, différents éléments peuvent aider au diagnostic : existence d’une goutte chez les parents ou dans la fratrie, un antécédent de colique néphrétique avec des calculs invisibles sur les radiographies simples, des maladies cardiovasculaires comme une hypertension artérielle, une angine de poitrine ou un infarctus, un « syndrome métabolique », avec diabète, anomalies du cholestérol et/ou des triglycérides.

Une analyse de sang apporte aussi des informations diagnostiques en révélant :

  • l’existence d’un taux d’acide urique trop élevé (hyperuricémie > 360 µmol/l ou 60 mg/l), ce qui n’est pas toujours le cas au moment d’une crise, (2)
  • une augmentation de la vitesse de sédimentation globulaire (VS), une augmentation du taux de globules blancs (leucocytes) et de la protéine CRP, qui sont caractéristiques d’une inflammation (mais aussi d’une infection). (2)

Radiographie centrée sur l’articulation métatarsophalangienne d’un doigt. Présence de lésions osseuses et de tophus dans les parties molles (contour en pointillés)

Mais l’élément indiscutable pour le diagnostic d’une crise de goutte est la présence de cristaux d’urate dans le liquide articulaire. (2) Le médecin prélève un peu de liquide articulaire dans l’articulation avec une seringue. L’examen au microscope permet d’identifier facilement et rapidement les microcristaux. La ponction permet aussi, en diminuant le volume du liquide intra-articulaire, de réduire la douleur. (7,8)

Microcristaux d’urate monosodiqueLorsque le médecin ne peut pas prélever de liquide articulaire, l’échographie de l’articulation touchée peut montrer des signes évocateurs de dépôts de cristaux d’urate : signe de double contour ou encore mise en évidence des tophus. (2)
La radiologie n’aide pas à diagnostiquer la crise de goutte, en revanche elle est très utile pour exclure un autre diagnostic, et pour visualiser les dégâts provoqués par les tophus sur l’articulation et les os adjacents (on parle d’arthropathie goutteuse). (2)

Pour en savoir plus, téléchargez librement votre guide 5 causes majeures des excès d’acide urique et crise de goutte

Source:

  • http://www.crisedegoutte.fr/fr/comprendre-la-goutte/qu-est-ce-que-la-goutte.html

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