Les femmes appliquent en moyenne 168 produits chimiques quotidiennement sur leur corps

Près de 13.000 produits chimiques sont utilisés dans les cosmétiques, dont environ 10 % seulement ont été soumis à un test d’innocuité. Bien que la FDA (Food and Drug Administration – équivalent français de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) ait le pouvoir de réglementer les ingrédients nocifs des produits cosmétiques et des soins corporels, elle n’en fait pas souvent usage…

De plus, les produits cosmétiques peuvent être mis sur le marché sans qu’aucun type d’autorisation ne soit nécessaire. La FDA ne peut prendre une mesure réglementaire que lorsqu’un produit est jugé nocif, altéré ou que son étiquetage a été falsifié. Selon la FDA :

« L’autorité juridique de la FDA sur les produits cosmétiques est différente de celle que nous exerçons sur les autres produits que nous contrôlons, tels que les médicaments, les produits biologiques et les dispositifs médicaux. D’après la loi les produits cosmétiques et leurs ingrédients ne nécessitent pas d’autorisation préalable de la FDA pour leur mise sur le marché, à l’exception des colorants.

Toutefois, la FDA peut mener une action coercitive contre des produits présents sur le marché qui ne sont pas conformes à la loi, ou contre des entreprises ou des individus qui enfreignent la loi. »

Ajoutant l’insulte à l’injure, la FDA charge les entreprises qui fabriquent et commercialisent les produits cosmétiques de garantir leur innocuité. Cela crée non seulement un conflit d’intérêt évident, mais ni la loi ni la réglementation de la FDA n’imposent de tests spécifiques pour prouver l’innocuité des différents produits ou des ingrédients. »

De plus, « la loi n’impose pas aux fabricants de cosmétiques de transmettre à la FDA leurs informations sur la sécurité des produits. » Donc, bien que les fabricants de cosmétiques soient responsables de la sécurité de leurs propres produits, il n’existe aucun test obligatoire dans ce sens, et ils n’ont aucune obligation de communiquer les données sur l’innocuité de leurs produits… La FDA n’est même pas autorisée à imposer le rappel de produits chimiques dangereux.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous? Lorsque vous utilisez un lait pour le corps, du déodorant, du shampoing ou du vernis à ongles, vous prenez le risque d’appliquer des produits chimiques dangereux sur votre corps, même si le produit est soi-disant non toxique et sûr.

À combien de produits chimiques vous exposez-vous chaque jour en utilisant vos produits de beauté habituels ?

En moyenne, selon l’EWG (Environmental Working Group – Groupe de travail pour l’environnement), une femme utilise 12 produits de soins corporels par jour, contenant un total de 168 substances chimiques différentes. Bien que la plupart des hommes utilisent moins de produits cosmétiques, ils sont pourtant exposés à environ 85 produits chimiques par jour ; les adolescents, qui utilisent 17 produits d’hygiène corporelle en moyenne, sont plus exposés encore.

Il est évident que de telles expositions à des produits chimiques ne sont pas anodines, en particulier lorsqu’elles sont répétées quotidiennement pendant toute une vie. L’EWG a réalisé des tests sur des adolescents pour savoir lesquels des produits chimiques présents dans leurs soins corporels seraient retrouvés dans leur corps ; ils ont détecté 16 produits chimiques différents altérant les hormones, y compris des parabènes et des phtalates.

Il existe également d’autres risques liés aux produits chimiques. En 2000, par exemple, l’EWG a publié une étude révélant que 37 vernis à ongles commercialisés par 22 entreprises contenaient du phtalate de dibutyle (DBP). On sait que le DBP provoque des troubles permanents de la reproduction chez le rat mâle, et il a été démontré qu’il causait des dommages aux testicules, à la prostate, à l’épididymus, au pénis et aux vésicules séminales chez l’animal.

Il est utilisé dans les vernis à ongles pour en augmenter l’élasticité et le brillant, mais une recherche du CDC (US Centers for Disease Control and Prevention – Centre américain de prévention et de contrôle des maladies) à révélé que 289 personnes testées avaient du DBP dans le corps. Pire encore, on a découvert chez des femmes en âge de procréer des taux très élevés de ce produit chimique, responsable de malformations congénitales chez l’animal.

Par ailleurs, dans le rapport intitulé « Dangers des métaux lourds : les risques cachés des métaux lourds dans les produits de maquillage », la Défense environnementale a testé 49 produits de maquillages différents, parmi lesquels des fonds de teint, des anticernes, des poudres, des fards à joues, des mascaras, eye-liners, ombres à paupières, rouges à lèvres et brillants à lèvres. Leurs tests ont révélé une grave contamination de pratiquement tous les produits par des métaux lourds :

  • 96 % contenaient du plomb
  • 90 % contenaient du béryllium
  • 61 % contenaient du thallium
  • 51 % contenaient du cadmium
  • 20 % contenaient de l’arsenic

Pour connaître les symptômes d’une intoxication aux métaux lourds, utilisez ce guide.

 

Des expositions quotidiennes aux produits chimiques en cause dans la ménopause précoce

Dioxines/furannes (sous-produits de combustion industriels) Phtalates (que l’on trouve dans les plastiques, les articles ménagers courants, les produits pharmaceutiques et les produits d’hygiène personnels, dont les lotions, parfums, maquillages, vernis à ongles, savons liquides et laques pour les cheveux) Phytoestrogènes (œstrogènes dérivés des plantes)
Biphéniles polychlorés (BPC, réfrigérants) Dérivés phénoliques (phénols, polluants industriels) Pesticides organophosphorés
Tensioactifs Hydrocarbures aromatiques polycycliques (produits de combustion)

 

Il a été constaté que les femmes présentant des taux de produits chimiques plus élevés dans le corps entrent en ménopause deux à quatre ans avant les autres. Quinze substances chimiques en particulier (dont neuf PCB, trois pesticides, deux phtalates et un furanne) sont clairement liées à la ménopause précoce, ce qui sous-entend un ralentissement précoce de la fonction ovarienne.

Un ralentissement précoce de la fonction ovarienne conduit non seulement à une ménopause précoce, mais également à un développement prématuré de maladies cardiaques et d’ostéoporose. La plupart des substances chimiques mentionnées dans l’étude sont déjà mises en cause dans d’autres problèmes de santé, notamment des risques de cancer, de syndrome métabolique et de puberté précoce.

L’auteure principale de l’étude, le Dr. Amber Cooper, professeur adjointe d’obstétrique et de gynécologie à l’école de médecine de l’université de Washington, a déclaré au Science Daily :

Les substances chimiques liées à la ménopause précoce peuvent conduire à un ralentissement précoce de la fonction ovarienne, et nos résultats indiquent que notre société a toutes les raisons de s’en inquiéter…Une ménopause précoce peut altérer la qualité de vie d’une femme et a d’importantes répercussions sur la fertilité, la santé et sur la société… Cette étude ne prouve pas le lien de causalité, mais les associations tirent le signal d’alarme… »

Citons quelques-unes des substances chimiques les plus toxiques, présentes dans vos produits cosmétiques

Voici quelques-unes des substances chimiques les plus dangereuses découvertes dans de nombreux produits de soins corporels et cosmétiques :

  • Le parabène, un produit chimique que l’on trouve dans les déodorants, lotions, produits pour les cheveux et produits cosmétiques, et dont il a été démontré qu’il imite l’action de l’hormone féminine, l’œstrogène, qui peut provoquer la formation de tumeurs dans la poitrine. Une étude publiée en 2012 indique que les parabènes présents dans les anti-transpirants et certains autres produits cosmétiques augmentent effectivement les risques de cancer du sein.

La recherche s’est penchée sur la localisation des tumeurs et il est apparu que les concentrations en parabène étaient supérieures dans le quadrant supérieur de la poitrine et dans la région axillaire, c’est-à-dire les endroits habituels d’application des anti-transpirants.

  • Le lauryl sulfate de sodium, un tensio-actif, détergent et émulsifiant utilisé dans des milliers de produits cosmétiques ainsi que dans des nettoyants industriels. On en trouve dans presque tous les shampoings, traitements du cuir chevelu, agents colorants et décolorants pour les cheveux, dentifrices, gels douche et nettoyants corporels, fonds de teint, savons liquides, lessives pour le linge, huiles et sels pour le bain.

    Le vrai problème des SLES/SLS provient du fait que le procédé de fabrication (l’ethoxylation) provoque leur contamination par du 1,4 dioxane, un sous-produit cancérigène.

  • Les phtalatessont des ingrédients plastifiants qui sont impliqués, entre autres, dans des malformations congénitales du système reproducteur chez les garçons et dans des problèmes de faible mobilité du sperme chez l’homme. Sachez que les phtalates sont souvent cachés sur les étiquettes des shampoings sous le terme générique « arôme ».
  • La méthylisothiazolinone (MIT), une substance chimique utilisée dans les shampoings pour empêcher le développement des bactéries, et qui peut avoir des effets néfastes sur le système nerveux.
  • Le Toluène, obtenu à partir de pétrole ou de goudron, et présent dans la plupart des arômes synthétiques et dans les vernis à ongles. Une exposition chronique entraîne l’anémie, une faible numération globulaire, des dommages hépatiques ou rénaux, et peut affecter le développement d’un fœtus.

Un nouveau projet de loi pour des cosmétiques plus sûrs

Comme nous l’avons expliqué, bien que la FDA ait techniquement autorité pour prendre des mesures règlementaires contre les fabricants de cosmétiques si un produit est altéré ou que son étiquetage est falsifié (elle peut également inspecter les usines de fabrication et prélever des échantillons pour analyse), elle n’a pas les moyens de faire des tests systématiques des produits ni de prendre des actions coercitives, sauf circonstances exceptionnelles. Selon la FDA :

« La FDA prend des actions coercitives en fonction des priorités de l’agence, en cohérence avec les préoccupations de santé publique et les ressources disponibles. »

Un nouveau projet de loi, baptisé la Loi sur la sécurité des produits d’hygiène personnels, pourrait changer les choses. Comme annoncé sur ABC News :

« Dianne Feinstein, sénateur démocrate de Californie, et Susan Collins, sénatrice républicaine du Maine, ont présenté un amendement à la loi fédérale sur l’alimentation, les médicaments et les cosmétiques, qui donnerait à la FDA plus de pouvoir et de contrôle pour réglementer les substances chimiques que les hommes et les femmes s’appliquent chaque jour sur le corps. »

Le projet de loi comprend un système qui exigerait des fabricants qu’ils fassent enregistrer leurs produits et ingrédients, et qui obligerait la FDA à analyser chaque année cinq substances chimiques présentes dans des soins corporels pour en évaluer l’innocuité. Le premier groupe de substances chimiques devant être analysées comprendrait :

  • la diazolidinylurée
  • L’acétate de plomb
  • Le méthylène glycol/formaldéhyde
  • Le propylparabène
  • Le quaternium 15

Le PCPC (Personal Care Products Council – Conseil des produits de soins corporels), composé de plus de 600 fabricants et distributeurs de soins corporels, cosmétiques et parfums, a publié une déclaration pour soutenir ce projet de loi, ce qu’il avait déjà fait dans le passé…

En 2013, le PCPC avait fait machine arrière à propos du Règlement de sécurité des cosmétiques

Exiger que la FDA effectue des contrôles réguliers des ingrédients des produits de soins corporels et lui donner le pouvoir de mener des actions à leur encontre, sont des étapes clés pour garantir des cosmétiques plus sûrs. Des pourparlers en ce sens sont en cours depuis des dizaines d’années, mais n’ont toujours pas abouti. En 2013, la FDA était en négociation avec l’industrie des cosmétiques, dont le PCPC, pour adopter des règles plus strictes et des contrôles de sécurité, quand l’organisation changea soudain d’avis. Margaret Hamburg, ancienne commissaire de la FDA, avait alors adressé un courrier au président du PCPC :

« Le changement d’avis du PCPC est vraiment malheureux…Non seulement le public ne profitera pas des avantages d’une réglementation efficace, mais votre industrie ne pourra pas établir cette réglementation nationale, crédible, dont vos représentants avaient déclaré qu’elle était nécessaire. »

L’industrie avait riposté en déclarant qu’ils étaient toujours prêts à négocier, mais tant que leurs bénéfices sont protégés, je ne crois pas qu’ils seront prêts à changer volontairement en 2015 non plus.

Réduisez votre exposition aux substances chimiques grâce à ces astuces simples

L’EWG dispose d’une excellente base de donnée pour vous aider à trouver des produits de soins corporels exempts de produits chimiques potentiellement dangereux. Les produits portant le label USDA 100% Organic (bio) sont parmi les meilleurs choix si vous souhaitez éviter les ingrédients potentiellement toxiques.

Méfiez-vous des produits aux étiquettes « 100% naturel » trompeuses, qui peuvent malgré tout contenir des substances chimiques dangereuses, vérifiez bien la liste complète des ingrédients. Encore mieux, simplifiez vos habitudes et fabriquez vos propres produits. De nombreuses lotions, crèmes, et soins pour les cheveux peuvent être remplacés par un pot d’ huile de noix de coco, par exemple, à laquelle vous pouvez ajouter une huile essentielle de qualité, si vous le souhaitez, pour la parfumer.

Souvenez-vous que la peau est l’organe le plus grand et le plus perméable du corps. À peu près tout ce qui est appliqué sur la peau finit dans le système sanguin et est réparti dans tout le corps. Une fois que ces substances chimiques ont pénétré dans le corps, elles ont tendance à s’y accumuler avec le temps car le corps ne dispose généralement pas des enzymes nécessaires pour les éliminer.

C’est la raison pour laquelle je me plais à répéter « n’appliquez sur votre corps que ce que vous seriez prêt à manger si vous y étiez obligé ».

Que vous choisissiez de fabriquer vos propres produits, ou que vous vous tourniez vers une marque vraiment naturelle, sans toxines, il existe des alternatives aux produits courants, souvent toxiques, dont regorgent les parapharmacies et magasins spécialisés – et vous pourriez même les supporter beaucoup mieux que votre ancienne marque. Il n’y a aucune raison d’appliquer chaque jour des substances chimiques douteuses sur sa peau, et si les consommateurs sont de plus en plus nombreux à réclamer mieux… L’industrie pourrait enfin être forcée d’abandonner ses ingrédients toxiques.

Source :

Complément

Methionine

31,05
29,75
19,05

Complément Alimentaire

Enzymes digestives

31,8552,15

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