Un étudiant américain se plaignait de violentes migraines. Après plusieurs examens, les médecins ont découvert que le jeune homme avait une larve de ver solitaire dans son cerveau. Il mesurait 1,5 millimètre et a dû être retiré lors d’une opération. Comment un tel parasite peut-il se retrouver dans un cerveau humain ? Explications de Dominique Chabasse, professeur en parasitologie-mycologie au CHU d’Angers.

Examen radiologique d’exploration de la cysticercose cérébrale (Parasitologie-mycologie – CHU Nice – P. Marty – CDRom ANOFEL).

Le parasite retrouvé dans le cerveau de cet Américain est ce qu’on appelle un ver solitaire ou Tænia. Il en existe deux types :

– Le Tænia saginata qui est transmis à l’homme par l’ingestion de viande de bœuf insuffisamment cuite. Le parasite  à l’état adulte mesure  environ 8 à 10 mètres de long, se logera dans l’intestin, mais sa larve n’est  pas présente chez l’homme.

– Le Tænia solium est quant à lui transmis par l’ingestion de viande de porc. L’adulte plus petit (4 à 8 m de long) vit aussi dans l’intestin. Mais contrairement à T.saginata, sa  forme larvaire peut parasiter l’homme et la localisation de cette larve touche souvent le cerveau.

Cet étudiant a vraisemblablement été touché par la seconde espèce de ténia, puisque sa forme larvaire (cysticerque) a été observée dans son cerveau.

 >>>Téléchargez librement votre guide 14 signes qui témoignent de parasites dans votre organisme

Une larve qui peut se retrouver partout dans le corps humain

Une larve du Taenia solium, appelée “cysticercus”, a la taille d’un gros petit-pois dans le cerveau.

Le cas de cet Américain est ce qu’on appelle “une cysticercose cérébrale” en raison de sa localisation. L’infection parasitaire est donc provoquée par la larve du Tænia solium appelé cysticercus cellulosae. Chez son hôte, elle ne dépasse pas la taille d’un centimètre. Ce cysticerque peut se retrouver dans n’importe quel endroit du corps humain (sous cutané, muscle,…). Y compris, comme dans le cas présent, dans son cerveau.

Il est illusoire de croire que ce jeune homme s’est retrouvé avec un vers adulte de 4 à 6 mètres de long parasitant son cerveau !

(Parasitologie-mycologie – CHU Nice – P. Marty – CDRom ANOFEL)

La larve de Tænia solium est un cysticerque qui a la forme d’une vésicule ovoïde et peut atteindre 15 mm de long sur 7 à 8 mm de large.

Deux hypothèses pour contracter une “cysticercose”

La larve ou cysticerque s’attrape de deux façons :

1. Héberger un vers solitaire de l’espèce Tænia solium dans l’intestin

Il est possible que le patient ait mangé une viande de porc, parasitée par des cysticerques, insuffisamment cuiteÀ l’intérieur du cysticerque, il y a la tête du futur Tænia adulte (Tænia solium). Après digestion du cysticerque, la tête libérée s’accroche à la paroi de l’intestin, puis, au bout de plusieurs mois, le vers se développe en formant  de nombreux  anneaux qui forment le corps du Tænia adulte. À maturité, il peut atteindre 5-6 mètres et peut vivre 10 ans dans un corps humain.

Le Tænia est un parasite hermaphrodite. Au niveau des anneaux terminaux se forment de nombreux œufs (appelés embryophores) qui sont éliminés dans l’intestin. Certains peuvent traverser la paroi pour atteindre le sang et s’emboliser dans le cerveau.

À ce niveau, l’œuf (ou embryophore) se transforme pour former une larve (cysticerque) qui s’apparente à un kyste d’environ 1 centimètre de long.

Le jeune homme a donc ressenti des symptômes (nausées, maux de tête…) liés à cette localisation cérébrale, mais il n’est pas exclu qu’un vers adulte (Tænia) et d’autres larves soient présents dans son organisme.

2. Des aliments à l’hygiène douteuse

La présence de ces œufs de Tænia (ou embryophore) a déjà été observée dans des aliments souillés comme de l’eau ou des légumes mal lavés dans des régions où la promiscuité entre les porcs et les humains est associée  à de mauvaises conditions d’hygiène. Les embryophores issus des fèces humains (donc de l’homme  qui héberge le Taenia adulte) souille les crudités, poussant au ras du sol,  et l’eau. Un être humain, plutôt malchanceux, peut très bien l’ingurgiter sans s’en apercevoir puisqu’il mesure quelques microns.

Ainsi avalé, l’œuf peut alors migrer dans n’importe quelle partie du corps, puis former une larve.

Certaines zones du monde sont plus propices à ce type de transmission, ceux qui pratiquent l’élevage artisanal des porcs en liberté.

Une infection qui se soigne

La cysticercose n’est pas toujours une infection grave. Dans bien des cas, elle se soigne par des antiparasitaires. Une opération chirurgicale n’est pas toujours nécessaire, tout dépend de son accessibilité lorsque la larve se retrouve dans un cerveau.

Des symptômes peuvent apparaître comme une épilepsie isolée, une paralysie ou des problèmes de motricité, mais ces symptômes dépendent de la zone dans laquelle la larve a élu domicile.

Cette maladie, quand elle n’est pas cérébrale, est généralement indolore (kyste souscutanés,…).

Quelques conseils pour éviter les problèmes

Après cette infection, ce jeune homme ne devrait avoir aucune séquelle, mais cette expérience lui permettra peut-être d’être plus vigilant. En effet, il est recommandé de suivre des mesures d’hygiène basique lorsque l’on se rend dans des pays où l’hygiène des aliments n’est pas toujours respectée.

Ainsi, veillez à toujours boire de l’eau potable, à éviter de consommer des fruits ou crudités et de la viande de porc insuffisamment cuite.

Il en est de même pour la viande de bœuf, qui peut être à l’origine du Taenia saginata (ou vers solitaire), assez répandu en France. Il existe aussi des Taenia du poisson, qu’il faut donc également déguster de préférence bien cuit !

 

La prévention des maladies causées par des parasites est primordiale. Elle prend en compte le respect des notions d’hygiène domestique telle que le nettoyage méticuleux des aliments, le traitement systématique des membres de la famille et des animaux domestiques avec des vermifuges naturels.

Pour venir à bout naturellement des parasites téléchargez librement  notre guide spécial 14 signes qui témoignent de parasites dans votre organisme.

 

Source:

  •  Dominique Chabasse : Professeur en parasitologie-mycologie

Web-conférenceVoir tout

Guide gratuitVoir tout

Un commentaire sur “Un ver solitaire dans le cerveau d’un Américain : cette larve s’attrape de 2 façons

  1. Gajac says:

    Ici à Madagascar, la neuro cysticercose est courante malheureusement (50 millions de personnes infestées dans le monde et 50 000 morts imputables directement) et des adultes se retrouvent à faire des crises d’épilepsie à partir parfois de trente, quarante ou cinquante ans. Les cysticerques dans le cerveau se “sèchent”, se nécrosent, dégénèrent en quelques années, disons se calcifient et les conséquences dépendent bien sûr de l’emplacement où ils se trouvent. Pour la petite histoire, c’est la hyène qui jadis a transmis l’ancêtre du ténia solium à l’homme, puis l’homme se l’est refilé par anthropophagie et le porc domestiqué l’a ensuite hébergé … C’est d’Europe que le T solium a été introduit en Afrique et en Am du Sud (colonisation, esclavage). Bien entendu, la cysticercose est pratiquement absente en pays musulmans et juifs. Il faut savoir aussi que de nombreux porcs sains sont infectés … par l’homme ! et ses déjections contaminées, dans lesquelles le porc “fourrage”. Ici sur les Hauts Plateaux, jusqu’à 21% des porcs sont infestés de ténia et seulement moins de 10% sur les Côtes. Chez vous en Europe, elle est moins prévalente grâce à l’hygiène plus avancée, mais il faut tout de même faire attention car avec les voyages plus faciles, des gens contaminés ailleurs peuvent contaminer chez eux aussi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.