La stéatose hépatique déclenchée par la carence en choline

La choline, dĂ©couverte en 1862, a Ă©tĂ© officiellement reconnue comme nutriment essentiel pour la santĂ© de l’homme par l’Institut de MĂ©decine en 1998.

Ce nutriment, qui ne peut ĂȘtre obtenu que par le biais de notre alimentation, est nĂ©cessaire pour :

Le bon dĂ©veloppement du fƓtus — La choline est nĂ©cessaire Ă  la fermeture du tube neuronal, au dĂ©veloppement du cerveau, et Ă  la vue.

La recherche a montrĂ© que les enfants dont les mĂšres ont un apport suffisant en choline bĂ©nĂ©ficient d’un renforcement Ă  vie de la mĂ©moire, grĂące Ă  certains changements que suscite la choline dans le dĂ©veloppement de l’hippocampe du cerveau de l’enfant (le centre de la mĂ©moire).

Une carence en choline augmente également le risque de naissance prématurée, de faible poids de naissance, et de prééclampsie

La synthÚse des phospholipides, le plus courant étant la phosphatidylcholine, plus connue sous le nom de lécithine, qui constitue entre 40 et 50 % de vos membranes cellulaires, et 70 à 95 % des phospholipides présents dans les lipoprotéines et la bile
La santĂ© du systĂšme nerveux — La choline est nĂ©cessaire Ă  la fabrication de l’acĂ©tylcholine, un neurotransmetteur qui intervient dans les performances musculaires, cardiaques et de la mĂ©moire
La signalisation cellulaire, en produisant des composés qui interviennent dans ce processus
Le transport et le mĂ©tabolisme des graisses — La choline est nĂ©cessaire Ă  l’élimination du cholestĂ©rol prĂ©sent dans votre foie, et une carence en choline peut ĂȘtre Ă  l’origine d’un excĂšs de graisse et d’une accumulation de cholestĂ©rol
La synthĂšse de l’ADN, participant au processus avec d’autres vitamines, telles que les folates et la vitamine B12
Les réactions de méthylation
Le bon fonctionnement des mitochondries

Des Ă©tudes ont associĂ© des apports Ă©levĂ©s en choline Ă  divers bienfaits, notamment une diminution du risque de crise cardiaque, une diminution de 24 % du risque de cancer du sein, et la prĂ©vention de la stĂ©atose hĂ©patique non alcoolique (NAFLD, qui est en majoritĂ© due Ă  une alimentation riche en sucre, et non Ă  une consommation excessive d’alcool).

La choline semble en fait ĂȘtre un facteur dĂ©terminant dans le dĂ©veloppement de la stĂ©atose hĂ©patique puisqu’elle renforce la sĂ©crĂ©tion de lipoprotĂ©ines de trĂšs basse densitĂ© (VLDL), qui sont nĂ©cessaires Ă  l’élimination des graisses du foie.

Les chercheurs ont Ă©galement dĂ©couvert des preuves de l’existence de mĂ©canismes Ă©pigĂ©nĂ©tiques de la choline, ce qui contribue Ă©galement Ă  expliquer comment la choline aide Ă  prĂ©server une bonne fonction hĂ©patique.

 

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La carence en choline pourrait ĂȘtre un facteur contributif essentiel de la NAFLD

La NAFLD est la forme la plus courante de maladie hĂ©patique aux États-Unis, avec une prĂ©valence estimĂ©e de 30 Ă  40 % chez les adultes.

Sachant qu’environ 80 % des amĂ©ricains sont probablement rĂ©sistants Ă  l’insuline, et qu’on estime que 90 % de la population amĂ©ricaine est carencĂ©e en choline, la prĂ©valence Ă©levĂ©e de NAFLD n’est pas surprenante.

D’aprĂšs Chris Masterjohn, titulaire d’un doctorat en nutrition, la carence en choline semble ĂȘtre un facteur dĂ©clencheur de la NAFLD bien plus important que l’excĂšs de fructose, et d’aprĂšs lui, l’augmentation des cas de NAFLD est largement due Ă  l’évitement d’aliments tels que le foie et les jaunes d’Ɠufs.

« Plus prĂ©cisĂ©ment, je pense que les matiĂšres grasses, qu’elles soient saturĂ©es ou insaturĂ©es, et tout ce que le foie transforme en graisse, comme le fructose et l’éthanol, favorisent l’accumulation de graisse si nous manquons de choline », explique Chris Masterjohn, ajoutant :

« Lorsque la graisse commence Ă  s’accumuler, le facteur critique qui dĂ©clenche l’inflammation est la consommation excessive d’AGPI (graisses polyinsaturĂ©es provenant des huiles vĂ©gĂ©tales). »

Dans son article, Chris Masterjohn passe en revue la littĂ©rature mĂ©dicale qui soutient ce point de vue. Le lien entre la choline et la stĂ©atose hĂ©patique est apparu Ă  l’origine lors d’une recherche sur le diabĂšte de type 1.

Des Ă©tudes menĂ©es dans les annĂ©es 1930 ont montrĂ© que la lĂ©cithine prĂ©sente dans le jaune d’Ɠuf (qui est trĂšs riche en choline) pouvait permettre de soigner la stĂ©atose hĂ©patique chez les chiens atteints de diabĂšte de Type 1.

Les chercheurs ont dĂ©couvert plus tard que la choline seule apportait les mĂȘmes bienfaits.

Chris Masterjohn poursuit son explication :

« Nous savons maintenant que la choline est nĂ©cessaire Ă  la production d’un phospholipide que l’on appelle la phosphatidylcholine (PC) 
 un composant essentiel des lipoprotĂ©ines de trĂšs faible densitĂ© (VLDL), que nous devons fabriquer pour Ă©liminer les graisses de notre foie.

La mĂ©thionine, un acide aminĂ©, peut agir comme prĂ©curseur de la choline et peut Ă©galement ĂȘtre utilisĂ© pour convertir un autre phospholipide, la phosphatidylĂ©thanolamine, directement en PC.

Ainsi, les carences combinées en choline et en méthionine affaiblissent gravement notre capacité à récupérer les graisses de notre foie et à les transférer dans le sang. »

Une forte consommation de graisses saturées augmente vos besoins en choline

Cela signifie que votre foie a besoin de choline pour parvenir Ă  se dĂ©barrasser des excĂšs de graisses – et plus vous consommez de matiĂšres grasses, plus vos besoins en choline sont importants.

Ceci se vĂ©rifie quel que soit le type de matiĂšre grasse mais, fait intĂ©ressant, un apport Ă©levĂ© de graisses saturĂ©es augmente davantage vos besoins en choline qu’un apport de mauvaises matiĂšres grasses telles que de l’huile de maĂŻs.

D’aprĂšs Chris Masterjohn, vos « besoins en choline sont plus Ă©levĂ©s d’environ 30 % si vous consommez 30 % de matiĂšres grasses sous forme de beurre, que si vous consommez 30 % d’huile de maĂŻs. »

Ceci Ă©tant dit, le principal coupable du dĂ©veloppement de la NAFLD est l’excĂšs de fructose, car il doit entiĂšrement ĂȘtre mĂ©tabolisĂ© par le foie, et qu’il est principalement converti en graisse corporelle au lieu d’ĂȘtre utilisĂ© comme source d’énergie, comme le glucose.

Selon Chris Masterjohn :

« En 1949 
 les chercheurs ont montrĂ© que le sucrose et l’éthanol sont aussi susceptibles l’un que l’autre de provoquer une stĂ©atose hĂ©patique et les dommages inflammatoires qu’elle entraĂźne, et qu’une augmentation des apports de protĂ©ines, de mĂ©thionine et de choline, pourrait parfaitement protĂ©ger de cet effet.

En revanche, des recherches bien plus rĂ©centes ont montrĂ© que le sucrose est nĂ©cessaire au dĂ©veloppement de la stĂ©atose hĂ©patique dans un modĂšle carencĂ© en mĂ©thionine et en choline (CMC) …

Le modĂšle CMC produit non seulement une accumulation de graisse dans le foie, mais Ă©galement une inflammation massive similaire aux pires formes de stĂ©atose hĂ©patique observĂ©es chez l’homme.

Ce que personne ne prĂ©cise jamais, Ă  propos de ce type d’alimentation, c’est qu’elle est principalement composĂ©e de sucrose et que ses matiĂšres grasses proviennent toutes de l’huile de maĂŻs ! …

Ce qui Ă©merge clairement de toutes ces Ă©tudes, c’est que les graisses, ou que tout ce qui est transformĂ© en graisse dans le foie, comme le fructose et l’éthanol, sont nĂ©cessaires au dĂ©veloppement de la stĂ©atose hĂ©patique.

Mais il faut Ă©galement que certains facteurs – essentiellement, il semble qu’il s’agisse de la carence en choline – empĂȘchent le foie d’Ă©liminer cette graisse. »

Cependant, si les glucides, les bonnes graisses saturĂ©es et les huiles riches en AGPI nocives peuvent tous contribuer Ă  l’accumulation de graisse dans le foie, la peroxydation des lipides et l’inflammation qui y est associĂ©e est principalement provoquĂ©e par les huiles riches en AGPI, telles que l’huile de maĂŻs.

Les bonnes sources de choline

Dans les annĂ©es 70, de nombreux mĂ©decins conseillaient Ă  leurs patients de ne pas manger d’Ɠufs, ou au moins pas de jaunes d’Ɠufs, afin de rĂ©duire leur cholestĂ©rol et leur apport de graisses saturĂ©es.

En rĂ©alitĂ©, les deux sont bons pour la santĂ©, et les Ɠufs font partie des aliments les plus sains et les plus importants qui soient.

Un seul Ɠuf dur peut apporter entre 113 milligrammes (mg) et 147 mg de choline, soit environ 25 % de vos besoins journaliers, ce qui en fait l’une des meilleures sources de choline de l’alimentation amĂ©ricaine.

Seul le foie de bƓuf nourri à l’herbe bat ce score, avec 430 mg de choline pour 100 grammes.

Voici ce qui est indiqué dans le guide alimentaire de la stéatose hépatique (Fatty Liver Diet Guide) :

« Les Ɠufs sont parmi les aliments les plus riches en lĂ©cithine, qui se transforme en choline, et en choline elle-mĂȘme. Notez que cela ne concerne que le jaune de l’Ɠuf, et non le blanc, qui ne contient que trĂšs peu de ce micronutriment.

La choline est essentielle Ă  la production de phosphatidylcholine, un lipide l’on appelle un phospholipide. Attendez un peu ! Toutes les graisses ne sont-elles pas mauvaises ? Non – en particulier si elles sont essentielles pour la santĂ©, et spĂ©cialement pour la santĂ© du foie.

En termes simples – si vous manquez de choline, votre foie ne peut pas Ă©liminer les graisses. Elles commencent alors Ă  s’accumuler dans votre foie, et provoquent une stĂ©atose hĂ©patique. »

Voici d’autres bonnes sources de choline :

Le saumon sauvage d’Alaska
L’huile de krill — Une Ă©tude de 2011 a permis de dĂ©couvrir que l’huile de krill contient 69 phospholipides contenant de la choline, dont 60 substances phosphatidylcholine, qui contribuent Ă  protĂ©ger des maladies hĂ©patiques (notamment l’hĂ©patite et la cirrhose chez les alcooliques), Ă  rĂ©duire l’inflammation du systĂšme digestif et Ă  rĂ©duire les symptĂŽmes associĂ©s Ă  la rectocolite hĂ©morragique et au syndrome de l’intestin irritable
Le poulet bio élevé en libre parcours
Les lĂ©gumes tels que le brocoli, le chou-fleur et l’asperge
Les champignons Shiitake
Le foie de bƓuf nourri à l’herbe

Vos apports en choline sont-ils suffisants pour protéger votre santé ?

Si aucune valeur nutritionnelle de rĂ©fĂ©rence n’a Ă©tĂ© Ă©tablie pour la choline, l’Institut de MĂ©decine a fixĂ© la valeur de « l’apport quotidien adĂ©quat » pour aider Ă  prĂ©venir une carence et des dommages potentiels aux organes et aux muscles, Ă  425 mg pour les femmes, Ă  550 mg pour les hommes, et Ă  250 mg pour les enfants.

Gardez cependant Ă  l’esprit que les besoins peuvent varier considĂ©rablement en fonction de votre alimentation globale, de votre Ăąge, de votre origine ethnique et de votre patrimoine gĂ©nĂ©tique.

Ainsi qu’il est indiquĂ© dans un article, « Les personnes qui prĂ©sentent l’un des polymorphismes gĂ©nĂ©tiques trĂšs courants dans les gĂšnes du mĂ©tabolisme de la choline, sont plus susceptibles de dĂ©velopper des troubles hĂ©patiques lorsqu’elles sont carencĂ©es en choline. »

Une autre étude a montré que chez certains hommes, un apport de 550 mg de choline par jour était insuffisant, car ils développaient malgré cela des dysfonctionnements organiques.

Les femmes mĂ©nopausĂ©es sont Ă©galement plus susceptibles de dĂ©velopper des signes de dysfonctionnements organiques que les femmes non mĂ©nopausĂ©es lorsqu’elles manquent de choline pendant Ă  peine six semaines.

Par ailleurs, comme nous l’avons mentionnĂ© plus haut, une alimentation riche en graisses saturĂ©es (mais Ă©quilibrĂ©e par ailleurs) peut augmenter vos besoins en choline. Les femmes enceintes et allaitantes, les athlĂštes et les femmes mĂ©nopausĂ©es ont Ă©galement des besoins plus importants.

Si vous souffrez dĂ©jĂ  d’une NAFLD, vous avez Ă©galement tout intĂ©rĂȘt Ă  ĂȘtre attentif Ă  vos apports de choline.

Une Ă©tude sur la gravitĂ© de la maladie de 664 personnes atteintes de NAFLD a montrĂ© qu’une diminution de l’apport de choline augmentait considĂ©rablement leurs symptĂŽmes, notamment la fibrose (Ă©paississement et lĂ©sions des tissus conjonctifs).

L’apport maximal tolĂ©rable de choline est de 3,5 grammes par jour. Les effets secondaires d’un excĂšs de choline comprennent une faible tension artĂ©rielle, des diarrhĂ©es et une odeur corporelle Ă©voquant le poisson.

Comme nous l’avons indiquĂ©, les Ɠufs sont une source essentielle de choline dans l’alimentation ; avec plus de 100 mg de choline par jaune d’Ɠuf, ils permettent facilement d’en avoir un apport suffisant.

Ceci Ă©tant dit, si vous craignez de ne pas consommer suffisamment de choline par le biais de votre alimentation, vous pouvez opter pour une supplĂ©mentation, notamment sous forme d’huile de krill.

 

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