Des additifs sous forme de nanoparticules dans vos assiettes

Les aliments transformĂ©s sont aux antipodes d’une alimentation saine pour de nombreuses raisons, et l’emploi de substances chimiques non rĂ©glementĂ©es, et souvent non rĂ©vĂ©lĂ©es, en est une importante. En dehors des conservateurs, Ă©mulsifiants, colorants et arĂŽmes, qui sont gĂ©nĂ©ralement indiquĂ©s dans les listes d’ingrĂ©dients, les aliments transformĂ©s contiennent de nombreuses autres substances que les fabricants n’ont pas l’obligation d’indiquer, car elles sont considĂ©rĂ©es comme des « auxiliaires technologiques » de fabrication.

La transformation des aliments comprend l’ajout d’additifs pour ralentir leur pourrissement, Ă©viter que les graisses et les huiles ne rancissent, Ă©viter le brunissement, et pour enrichir les aliments en vitamines et minĂ©raux synthĂ©tiques qui remplacent ceux qui y Ă©taient naturellement prĂ©sents, et qui ont Ă©tĂ© perdus au cours de leur transformation.

Les additifs servent Ă©galement Ă  amĂ©liorer le goĂ»t, la texture et l’apparence des aliments, car sans ces artifices, de nombreux aliments transformĂ©s auraient autant de goĂ»t que du carton. Cependant, en dĂ©pit de leur utilisation largement rĂ©pandue, de nombreux additifs alimentaires ont un profil d’innocuitĂ© douteux, s’ils en ont mĂȘme un, car ils sont peu nombreux Ă  avoir Ă©tĂ© testĂ©s correctement.

Parmi ces additifs alimentaires trĂšs peu rĂ©glementĂ©s aux États-Unis, se trouvent les nanoparticules, qui sont en train de gagner rapidement les faveurs de l’industrie alimentaire. Des tests rĂ©alisĂ©s par l’Institut Adolphe Merkle, de l’UniversitĂ© de Fribourg, et par le Bureau fĂ©dĂ©ral de la sĂ©curitĂ© alimentaire et vĂ©tĂ©rinaire, en Suisse, ont rĂ©vĂ©lĂ© la prĂ©sence de dioxyde de titane nanomĂ©trique, de dioxyde de silicium et de talc dans 27 % des produits alimentaire testĂ©s.

« Cette gamme d’ingrĂ©dients, fabriquĂ©s Ă  une Ă©chelle presque atomique, pourrait avoir des effets inattendus sur les cellules et les organes, en particulier sur le tractus digestif.

Certains Ă©lĂ©ments indiquent Ă©galement que les nanoparticules peuvent pĂ©nĂ©trer dans le sang et s’accumule ailleurs dans le corps. Elles sont associĂ©es Ă  l’inflammation, Ă  des dommages hĂ©patiques et rĂ©naux et mĂȘme Ă  des dommages cardiaques et cĂ©rĂ©braux », indiquait The Guardian dans un rĂ©cent article.

=> Comment  Alcaliniser votre Assiette ?

Les nanoparticules – un danger pour notre santĂ©, cachĂ© dans les aliments transformĂ©s ?

Les nanoparticules ont gagnĂ© en popularitĂ© dans l’industrie alimentaire pour leur capacitĂ© Ă  « amĂ©liorer » la texture, l’apparence et le goĂ»t des aliments. Le dioxyde de silicium, par exemple, est utilisĂ© comme anti-agglomĂ©rant dans de nombreuses Ă©pices et sels, c’est-Ă -dire qu’il Ă©vite que les Ă©pices ne forment une masse compacte, afin qu’on puisse les saupoudrer facilement.

Le dioxyde de titane (noté E171 en Europe), est un agent blanchissant utilisé dans de nombreux produits, qui vont du chocolat au chewing-gum, en passant par les produits de boulangerie, les laits en poudre et les mayonnaises. Si le dioxyde de titane a longtemps été considéré comme un additif inerte, des préoccupations sont soulevées depuis plusieurs années à propos du dioxyde de titane nanométrique.

Selon le Guardian, « Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que ce minuscule additif mĂ©tallique 
 s’accumule dans le foie, la rate, les reins et les tissus pulmonaires du rat lorsqu’il est ingĂ©rĂ©, et qu’il endommage le foie et le muscle cardiaque. »

Christine Ogilvie Hendren, directrice gĂ©nĂ©rale du Centre pour les implications environnementales de la nanotechnologie, Ă  l’UniversitĂ© Duke, a indiquĂ© au Guardian qu’elle lavait « tous ses produits alimentaires comme une folle », afin d’éliminer les nanoparticules qui se trouvent en surface.

Christine K. Payne, professeur agrĂ©gĂ© de gĂ©nie mĂ©canique et de science des matĂ©riaux, Ă  l’UniversitĂ© Duke, a ajoutĂ© « Cela peut ĂȘtre inquiĂ©tant pour les tout-petits, qui ont une petite masse corporelle, s’ils ingĂšrent ces produits en grandes quantitĂ©s. »

La France interdit le dioxyde de titane nanométrique

En raison de prĂ©occupations de plus en plus importantes relatives Ă  son innocuitĂ©, la France a rĂ©cemment interdit l’utilisation de dioxyde de titane nanomĂ©trique dans l’alimentation, mesure qui prendra effet en 2020. Selon l’agence de presse Reuters, « l’agence nationale de la sĂ©curitĂ© sanitaire a dĂ©clarĂ© que les donnĂ©es Ă©taient insuffisantes pour garantir l’innocuitĂ© de la substance. »

Dans son rapport sur l’innocuitĂ© intitulĂ© « Les nanos prĂ©sents dans l’alimentation sont-ils sans danger ? », publiĂ© en novembre 2017, David Julian McClements, de l’UniversitĂ© du Massachusetts, aborde les effets des nanoparticules sur le tractus gastrointestinal de l’homme, ainsi que certains des mĂ©canismes potentiels de toxicitĂ© de diffĂ©rentes nanoparticules utilisĂ©es dans l’alimentation, et conclut « qu’il existe des preuves indiquant que certaines d’entre elles pourraient avoir des effets nocifs ».

Les nanoparticules ne sont pas toutes incorporĂ©es directement dans les aliments. Certaines sont Ă©galement utilisĂ©es dans la fabrication des emballages, et susceptibles de se dĂ©poser sur les aliments. Selon David Julian McClements, ces nanoparticules peuvent Ă©galement reprĂ©senter un danger pour la santĂ©. L’argent nanomĂ©trique, par exemple, couramment employĂ© comme agent anti-microbien dans les emballages alimentaires, peut tuer les bonnes bactĂ©ries intestinales et altĂ©rer le microbiote intestinal s’il est ingĂ©rĂ©.

Le dioxyde de titane nanomĂ©trique associĂ© Ă  l’inflammation intestinale

Une recherche publiĂ©e en mai 2019, a montrĂ© que le dioxyde de titane nanomĂ©trique, ingĂ©rĂ© avec l’eau, affecte le microbiote intestinal des souris de telle façon qu’il peut provoquer des maladies inflammatoires de l’intestin et/ou un cancer colorectal. Voici ce qu’ont expliquĂ© les auteurs :

« Si le TiO2 (dioxyde de titane nanomĂ©trique) a un impact minimal sur la composition du microbiote dans l’intestin grĂȘle et le cĂŽlon, nous avons constatĂ© que l’administration de TiO2 pouvait altĂ©rer la libĂ©ration de mĂ©tabolites bactĂ©riens in vivo, et influer sur la distribution spatiale des bactĂ©ries commensales in vivo, en favorisant la formation d’un biofilm.

Nous avons Ă©galement constatĂ© une diminution de l’expression du gĂšne mucine colique 2, un composant essentiel du mucus intestinal, ainsi qu’une augmentation de l’expression du gĂšne bĂȘta dĂ©fensine, ce qui indique que le TiO2 affecte considĂ©rablement l’homĂ©ostasie intestinale.

Ces changements Ă©taient associĂ©s Ă  une inflammation du cĂŽlon, indiquĂ©e par la rĂ©duction de la longueur des cryptes, l’infiltration de cellules T CD8+, l’augmentation des macrophages ainsi que l’augmentation de l’expression des cytokines inflammatoires.

L’ensemble de ces dĂ©couvertes montre que le TiO2 n’est pas inerte, mais qu’il altĂšre au contraire l’homĂ©ostasie intestinale, ce qui peut ouvrir la voie au dĂ©veloppement de maladies. »

Voici ce que Wojciech Chrzanowski, professeur agrĂ©gĂ© et expert en nanotoxicologie Ă  l’École de pharmacie de l’universitĂ© de Sidney, et au Sidney Nano Institute, a dĂ©clarĂ© au site Science Daily :

« De plus en plus de donnĂ©es prouvent que l’exposition continue aux nanoparticules a un impact sur la composition du microbiote intestinal, et celui-ci Ă©tant l’un des gardiens de notre santĂ©, toute modification de son fonctionnement influe sur la santĂ© globale.

Cette Ă©tude fournit des preuves fondamentales qui dĂ©montrent que la consommation d’aliments contenant l’additif alimentaire E171 (dioxyde de titane) affecte le microbiote intestinal ainsi que l’inflammation des intestins, ce qui pourrait aboutir au dĂ©veloppement de maladies telles que des maladies inflammatoires de l’intestin, et le cancer colorectal. »

Le dioxyde de titane nanomĂ©trique altĂšre l’homĂ©ostasie intestinale

Une autre Ă©tude publiĂ©e rĂ©cemment dans la revue ‘Environmental Science : Nano’, a tentĂ© de dĂ©terminer si, et le cas Ă©chĂ©ant, comment, le dioxyde de titane nanomĂ©trique pouvait affecter la fonction de la barriĂšre intestinale, dont le rĂŽle est de protĂ©ger notre corps des menaces extĂ©rieures.

À cette fin, les chercheurs ont rĂ©alisĂ© une co-culture de deux types de cellules colorectales afin de « reconstituer in vitro un Ă©pithelium intestinal qui secrĂšte du mucus », qui a ensuite Ă©tĂ© exposĂ©e Ă  trois agents diffĂ©rents : du dioxyde de titane nanomĂ©trique, de l’anatase pure (une forme minĂ©rale de dioxyde de titane), et un mĂ©lange d’anatase et de rutile (deux formes minĂ©rales de dioxyde de titane).

Toutes les nanoparticules se lient aux bactéries intestinales

Selon une Ă©tude publiĂ©e l’an passĂ©, toutes les nanoparticules prĂ©sentes dans l’alimentation ont la capacitĂ© de se lier Ă  tous les types de bactĂ©ries intestinales, Ă  des degrĂ©s divers, altĂ©rant ainsi le cycle de vie des bactĂ©ries et leur activitĂ© au sein de l’organisme.

Si les auteurs soulignent que ces caractĂ©ristiques pourraient faire des nanoparticules des Ă©lĂ©ments utiles en mĂ©decine – elles pourraient potentiellement ĂȘtre utilisĂ©es pour pousser le microbiote intestinal dans une direction positive, par exemple – elles peuvent Ă©galement poser des problĂšmes.

Les tests d’innocuitĂ© ne suivent pas le rythme des dĂ©couvertes de nouveaux ingrĂ©dients

Ainsi qu’il est indiquĂ© dans un article paru en 2018 dans la revue Nanotechnology Reviews, « Il y a un dĂ©sĂ©quilibre entre l’intensification des recherches destinĂ©es Ă  identifier de nouvelles applications pour les nanoparticules, et leur innocuitĂ©… »

Les auteurs ajoutent par ailleurs « Nous avons constatĂ© que les gens assimilent les risques de la nanotechnologie Ă  ceux des aliments gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s, et rĂ©duisent donc leur consommation des aliments qui en contiennent », et « s’il existe de nombreuses Ă©tudes sur l’utilisation de la nanotechnologie dans l’alimentation et les effets des nanoparticules sur la santĂ© de l’homme », peu d’analyses des Ă©lĂ©ments disponibles ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es.

En vue de combler cette lacune, les auteurs « prĂ©sentent et analysent diffĂ©rentes Ă©tudes sur l’utilisation et l’innocuitĂ© des nanoparticules dans l’alimentation. » Il s’agit d’un article intĂ©ressant si vous souhaitez avoir un aperçu global de leur utilisation et de leurs toxicitĂ©s potentielles.

Malheureusement, « AprĂšs des annĂ©es de recherche, nous sommes simplement parvenus Ă  la conclusion que les matĂ©riaux de taille nanomĂ©trique ont des propriĂ©tĂ©s radicalement diffĂ©rentes et des comportements inattendus », expliquent les auteurs, ajoutant que « C’est ce comportement inattendu qui nous prĂ©occupe, au regard de leur toxicitĂ©. »

Selon les auteurs, plusieurs facteurs peuvent influer sur la toxicitĂ© des nanoparticules, notamment leur dosage, leur rĂ©activitĂ© chimique, la distribution de la charge, la taille et la forme des particules, ainsi que leur surface. Le fait que « l’interaction entre les nanoparticules et la membrane biologique puisse ĂȘtre soit physique, soit chimique », est un autre facteur influent.

Les interactions physiques entre les nanoparticules et les membranes biologiques dĂ©clenchent gĂ©nĂ©ralement « une rupture des membranes et une perturbation de leur activitĂ©, le repliement des protĂ©ines, une agrĂ©gation et diffĂ©rents processus de transport », tandis que les interactions chimiques provoquent essentiellement « une production d’espĂšces rĂ©actives de l’oxygĂšne (ERO) et des dommages oxydatifs. »

Les diffĂ©rentes voies d’exposition compliquent encore la tĂąche pour ce qui est d’identifier les risques pour la santĂ©. Par ailleurs, la voie qu’emprunte une nanoparticule pour pĂ©nĂ©trer dans une cellule peut Ă©galement influer sur son potentiel toxique sur la cellule, car le stress gĂ©nĂ©rĂ© est plus ou moins important selon les voies d’infiltration.

La FDA ne rĂšglemente pas l’utilisation de nanoparticules dans les aliments

Si l’Union EuropĂ©enne exige que les ingrĂ©dients nanomĂ©triques apparaissent clairement sur les Ă©tiquetages des aliments, il n’existe aucune loi de ce type aux États-Unis. Lorsque le journal The Guardian l’a interrogĂ©e Ă  ce propos, l’Agence amĂ©ricaine des produits alimentaires et mĂ©dicamenteux a rĂ©pondu « Il n’existe aucune disposition spĂ©cifique dans le Federal Food, Drug, and Cosmetic Act, qui traite de l’utilisation de nanoingrĂ©dients dans l’alimentation. »

Peu de gens savent que les additifs alimentaires n’ont pas Ă  ĂȘtre obligatoirement approuvĂ©s par la FDA avant d’ĂȘtre mis sur le marchĂ©, ni que les produits classifiĂ©s comme Ă©tant « gĂ©nĂ©ralement reconnus comme surs » (‘GRAS’ en anglais, pour ‘generally recognized as safe’) sont carrĂ©ment exemptĂ©s du processus d’homologation.

Le problĂšme du programme ‘GRAS’, c’est qu’une entreprise peut se contenter de charger une personne interne Ă  l’industrie d’évaluer une substance chimique, et si cette personne Ă©tablit qu’elle rĂ©pond aux normes fĂ©dĂ©rales en matiĂšre d’innocuitĂ©, la substance peut ĂȘtre dĂ©clarĂ©e ‘GRAS’ sans que la FDA n’intervienne. Aucune Ă©valuation objective par un tiers indĂ©pendant n’est exigĂ©e. RĂ©sultat, notre alimentation contient aujourd’hui de nombreuses substances chimiques qui n’existaient pas auparavant, et qui sont soit-disant ‘GRAS’, ou ‘gĂ©nĂ©ralement reconnues comme sures’.

Lorsque les additifs alimentaires sont combinés, leurs dangers sont multipliés

Pour compliquer encore le tableau, la recherche montre que lorsque vous consommez plusieurs additifs alimentaires ensemble, leurs effets sur la santĂ© pourraient ĂȘtre encore plus graves que ce que l’on pensait jusqu’Ă  prĂ©sent.

En 2015, « la plus importante recherche sur les effets des cocktails chimiques dans l’alimentation », conduite par l’Institut Danois de l’alimentation, a conclu que mĂȘme de petites quantitĂ©s de substances chimiques peuvent amplifier mutuellement leurs effets lorsqu’elles sont associĂ©es.

Évitez les aliments industriels pour vous prĂ©munir de nombreux dangers potentiels

L’industrie alimentaire a profondĂ©ment modifiĂ© notre alimentation, et ces changements influent directement sur le poids corporel et la santĂ© globale. Une grande partie du problĂšme vient des processus utilisĂ©s pour transformer les aliments, qui dĂ©truisent de prĂ©cieux nutriments.

Ils dĂ©truisent Ă©galement une grande partie du goĂ»t original des aliments, et pour palier cet inconvĂ©nient, l’industrie utilise des nutriments, arĂŽmes, colorants et autres additifs synthĂ©tiques. Nombre de ces substances chimiques ajoutĂ©es peuvent avoir un effet dĂ©sastreux sur le mĂ©tabolisme, car votre organisme ne sait pas vraiment quoi en faire.

Les quantitĂ©s excessives de sucre raffinĂ© et de fructose transformĂ© prĂ©sentes dans les aliments transformĂ©s, sont un autre facteur qui en font l’antithĂšse d’une alimentation saine. Pratiquement tous les aliments transformĂ©s contiennent des sucres ajoutĂ©s, y compris les laits maternisĂ©s et les aliments pour bĂ©bĂ©. La plupart des aliments transformĂ©s sont Ă©galement bourrĂ©s d’ingrĂ©dients gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s et/ou de glyphosate, le dĂ©sherbant le plus largement utilisĂ© de toute l’histoire de l’agriculture.

 

==> Apprenez Ă  cuisiner Sans Lait / Sans Gluten / Sans Sucre et Beaucoup d’amour !

 

Web-conférenceVoir tout

Guide gratuitVoir tout

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.